La circularité est le nouvel impératif IT

Livre blanc

Alors que les défis liés aux déchets électroniques et à la consommation non durable des ressources s'intensifient, l'adoption des principes de l'économie circulaire offre aux organisations IT une voie viable pour réduire leur impact environnemental, gagner en efficacité opérationnelle et améliorer leur rentabilité.

21 mars 202512  min read
Typing on computer with digital vibes

L'économie circulaire est un modèle économique qui vise à réduire les déchets et à tirer le meilleur parti des ressources par la réutilisation et le recyclage. Ce concept retrouve toute sa pertinence ces dernières années, à mesure que s'aggravent les effets du changement climatique, de la pollution des océans et de la mise au rebut incontrôlée.

De nombreuses entreprises font désormais de la durabilité un objectif central de leur responsabilité sociale d'entreprise (RSE). Selon le Stanford Social Innovation Review, plus de 90 % des PDG affirment que la durabilité est essentielle au succès de leur entreprise. 98 % des entreprises du classement S&P 500 ont publié un rapport sur la durabilité en 2022, contre seulement 20 % en 2011, selon l'étude Sustainability Reporting in Focus 2023 du Governance & Accountability Institute.

Ce problème est particulièrement pertinent pour les dirigeants IT, dont les entreprises sont de grands consommateurs d'électricité et une source croissante de déchets dangereux. Selon l'Organisation mondiale de la Santé, les déchets électroniques créés par la destruction des équipements en fin de vie tels que les ordinateurs, les serveurs, les smartphones et les imprimantes constituent le flux de déchets solides dont la croissance est la plus rapide au monde. Et la situation continue de s'aggraver. Plus de 61 millions de tonnes d'appareils électroniques ont été mises au rebut en 2023, et ce total annuel devrait s'élever à près de 75 millions de tonnes d'ici 2030. Moins de 18 % sont actuellement recyclés.

Les déchets électroniques constituent un problème à deux niveaux. Sur le plan environnemental, il s'agit d'une véritable bombe à retardement. Les actifs IT contiennent des substances dangereuses telles que le mercure, le plomb, l'arsenic, le béryllium et le cadmium, qui peuvent se répandre dans l'environnement s'ils sont éliminés de manière inappropriée. Les métaux lourds polluent le sol et les eaux souterraines, ce qui crée des risques pour la santé humaine et la faune, et leur dépollution est difficile. De nouvelles réglementations se multiplient dans l'Union européenne, en Chine, en Inde et dans certaines régions des États-Unis, avec de lourdes sanctions à la clé pour toute mise au rebut sauvage d'équipements électroniques.

Il existe également des risques en matière de confidentialité et de sécurité des données. Les appareils mis au rebut ou recyclés contiennent souvent des données sensibles telles que des informations personnelles identifiables et des éléments de propriété intellectuelle. Un audit Kaspersky de 2021 sur les appareils d'occasion au Royaume-Uni a révélé que 90 % d'entre eux contenaient des traces de données privées et commerciales, et que 74 % d'entre eux contenaient des données récupérables à l'aide d'outils spéciaux. Cela a confirmé une expérience menée en 2019 par l'université du Hertfordshire, qui révélait que plus des deux tiers des clés USB d'occasion vendues sur eBay comprenaient des données sensibles. Sans effacement préalable des données sur les appareils mis au rebut, l'entreprise s'expose à de lourdes sanctions financières et à une atteinte à la réputation dont les conséquences peuvent peser pendant des années.

Un modèle économique pour le nouveau monde

Le modèle linéaire « extraire-fabriquer-jeter » est un vestige d'une époque où les ressources et l'énergie semblaient inépuisables, et où l'on appliquait au rebut la logique du « loin des yeux, loin du cœur ». Cette mentalité était devenue si profondément ancrée au XXe siècle que le magazine Life célébrait en 1955 les vertus de la « vie jetable ». Ce modèle doit évoluer, alors que les impacts environnementaux et sociétaux d'une consommation d'énergie excessive et d'une mise au rebut incontrôlée deviennent chaque année plus difficiles à ignorer.

L'économie circulaire émergente cherche à maintenir les ressources en service aussi longtemps que possible, à en tirer le maximum pendant l'utilisation, ainsi qu'à récupérer et à réutiliser les produits et matériaux en fin de vie. Pour la gestion des actifs IT, le but est donc de réutiliser, de reconditionner, de refabriquer et de recycler les actifs afin de minimiser les déchets et la consommation de ressources.

Le modèle de l'économie circulaire vise à redonner une nouvelle vie à ce qui est usagé. En cycle fermé, il permet de réduire les dépenses d'investissement, d'améliorer l'efficacité des ressources et de réduire les risques, car les ressources sont conservées au sein d'un système géré.

Plus important encore pour les dirigeants d'entreprises : sur le plan économique, la circularité l'emporte sur la linéarité. Cela permet d'éviter à la fois les coûts liés à la destruction des équipements en fin de vie et ceux liés à l'achat de nouveaux matériels. Les organisations peuvent aussi réduire leur coût total de possession (TCO) grâce à la remise sur le marché des équipements et composants en fin de vie qui seraient sinon mis au rebut. Le chiffre d'affaires généré par les transactions de l'économie circulaire devrait plus que doubler et passer ainsi de 339 milliards de dollars en 2022 à près de 713 milliards de dollars en 2026. En plus des avantages économiques de l'allongement des cycles de vie des actifs et de la revente, une approche circulaire de la gestion des actifs IT peut réduire les émissions de gaz à effet de serre, générer moins de déchets électroniques et diminuer les coûts de fabrication.

Plusieurs facteurs ont contribué à la popularité croissante des principes de circularité dans la gestion des actifs IT :

Préoccupations environnementales : l'impact environnemental des déchets électroniques et l'impact négatif des substances dangereuses sur l'environnement et la santé humaine sont de plus en plus reconnus. Le modèle circulaire réduit les déchets électroniques grâce à la récupération des matériaux des équipements existants, au lieu d'en fabriquer ou d'en extraire. Il optimise la réutilisation des équipements existants et favorise la récupération des matériaux des actifs mis hors service. Si un équipement ne peut pas être réutilisée pour quelque raison que ce soit, elle peut être démontée en pièces réutilisables.

Extraction des ressources : à mesure que la demande en équipements IT augmente (à l'échelle mondiale, une personne utilise désormais en moyenne 3,6 appareils connectés ; ce chiffre s'élève à 13,4 en Amérique du Nord, un chiffre impressionnant), la demande en matières premières nécessaires à leur fabrication augmente également. Le modèle circulaire permet d'économiser une partie des 100 milliards de tonnes de matières premières extraites de la Terre chaque année.

Avancées technologiques : les innovations en matière de reconditionnement, de recyclage et de récupération des matériaux ont rendu le modèle circulaire plus pratique et ont réduit les obstacles à l'adoption de ces pratiques. De nombreuses entreprises ont développé des modèles rentables basés sur le recyclage de l'électronique.

La pression réglementaire : les gouvernements et les organismes de réglementation du monde entier mettent en œuvre des politiques visant à réduire les déchets électroniques et à promouvoir la durabilité. Les entreprises n'ont ainsi quasiment pas d'autre choix que d'adopter des pratiques plus circulaires. Par exemple, la nouvelle proposition de l'Union européenne sur le droit à la réparation vise à promouvoir une plus grande durabilité de la consommation en simplifiant le processus de réparation des produits défectueux, en réduisant les déchets et en soutenant le secteur de la réparation. La proposition de règlement Digital Product Passport de l'UE exigerait que les fournisseurs de matériel soient plus transparents sur les matières premières et accélèrent les efforts de circularité. La France a introduit un indice de réparabilité pour les produits électroniques, qui cherche à améliorer leur durée de vie. Il encourage les fabricants à privilégier la réparabilité dès la conception et informe les consommateurs sur les options de réparation au moment de l'achat.

Avantages économiques

Contrairement à beaucoup d'initiatives environnementales souvent perçues comme un compromis, la réduction des déchets électroniques apporte un double bénéfice : économique et écologique. Les meilleures pratiques permettent d'économiser des matériaux et de réduire les coûts de gestion des déchets, de créer de nouvelles opportunités commerciales en matière de reconditionnement et de recyclage, et d'améliorer la réputation de la marque grâce à une démarche RSE proactive.

L'écologie est bonne pour les affaires. La société de conseil en gestion McKinsey affirme que les clients sont prêts à payer en moyenne 5 % de plus pour des produits « verts » et estime que la réduction des coûts des ressources peut améliorer les bénéfices d'exploitation jusqu'à 60 %. 87 % des consommateurs américains déclarent préférer acheter des produits qui présentent des avantages sociaux et environnementaux. Ernst & Young a constaté que les entreprises durables enregistrent des bénéfices bruts supérieurs par rapport à 73 % de leurs homologues moins durables.

Malgré l'acceptation généralisée de la nécessité pour les entreprises de devenir plus durables, les organisations IT sont généralement à la traîne dans l'adoption des principes circulaires. Un rapport de Capgemini de 2021 a révélé que 89 % des entreprises recyclent moins de 10 % de leur matériel IT, que 57 % des responsables technologiques ne connaissent pas l'empreinte carbone IT de leur entreprise, et que près de la moitié des entreprises ne disposent pas des outils ou de l'expertise nécessaires pour adopter et déployer des solutions IT circulaires.

Défis IT

Les dirigeants IT subissent une forte pression pour démontrer leurs progrès dans la réalisation des objectifs de responsabilité sociale des entreprises (RSE). Outre le problème des déchets électroniques, les centres de données consomment environ 1 % de l'électricité dans le monde et 2 % aux États-Unis, ce qui en fait des sources importantes d'émissions de carbone. Le ministère américain de l'énergie estime qu'un centre de données type consomme 10 à 50 fois plus d'énergie par mètre carré qu'un immeuble de bureaux. Les centres de données et les installations de production d'énergie sont également de grands consommateurs d'eau, une ressource qui est devenue de plus en plus précieuse en raison des sécheresses liées au changement climatique.

L'environnement actuel des organisations IT freine leur transition vers des pratiques plus responsables sur le plan environnemental.

  • Les directeurs des systèmes d'information (DSI), dont le budget est limité, sont tentés de faire des économies à court terme au lieu de privilégier les avantages de la durabilité à long terme. Cela les pousse à opter pour des produits moins chers, mais moins respectueux de l'environnement.
  • En raison du rythme rapide des avancées technologiques, l'équipement IT devient rapidement obsolète. L'obsolescence rapide entretient une culture du renouvellement et du remplacement permanents, où le recyclage et l'élimination responsable des équipements ne sont traités qu'après coup. La valeur des équipements vieillissants chute si vite que leur remise sur le marché présente peu d'intérêt économique.
  • Le secteur de l'IT repose sur des chaînes d'approvisionnement mondiales complexes, souvent opaques et difficiles à comprendre. Vérifier que les fournisseurs adoptent des pratiques responsables à chaque étape (de l'extraction des matières premières à la fabrication, en passant par la distribution et l'élimination) passe souvent pour une information « bonus » que l'on laisse facilement de côté.
  • Les pénuries chroniques de compétences détournent l'attention des enjeux structurels. Les services IT n'accordent pas nécessairement la priorité à la durabilité, car la nécessité constante de livrer les projets l'emporte. Les enjeux environnementaux n'ont historiquement pas figuré dans les cursus universitaires d'informatique, même si un nombre croissant d'établissements les y intègrent désormais.
  • Pour des raisons pratiques, les DSI préfèrent travailler avec un petit nombre de fournisseurs stratégiques. Ces contrats peuvent les contraindre sur le long terme et rendre difficile tout basculement vers des fournisseurs plus écoresponsables.

La transition vers des pratiques plus responsables ne doit pas reposer uniquement sur les épaules du service IT en interne. Avec des partenaires mobilisés à chaque étape du processus, de l'approvisionnement à l'utilisation puis à la mise hors service, les organisations IT peuvent accélérer leurs pratiques écoresponsables, réduire leurs coûts et récupérer la valeur d'équipements sinon mis au rebut. Pour comprendre comment y parvenir, commencez par explorer la chaîne de valeur du cycle de vie des actifs dans l'économie circulaire.

La chaîne d'approvisionnement et ses leviers de valeur

Loading component...

Loading component...

Loading component...

Loading component...

Loading component...

 

Loading component...